FRANCÉS FRANÇAIS


S.O.S STRESS: LE RIRE EN POÉSIE

« Les gens qui ne rient jamais ne sont pas sérieux »

Alphonse Allais


Que vous soyez en Bachillerato ou en ESO, la fin d´année scolaire arrive avec son habituel stress. Elle représente pour vous  une délivrance. Vous avez déjà la tête aux vacances. Vous entreprenez  la dernière étape, ultime chance, pour certains, d´améliorer des résultats insatisfaisants. Sempiternelles notes !

« Y a pas que la rigolade, y a aussi de l´art », disait Raymond Queneau, qui aimait, dans le même souffle, renverser la proposition par « Y a pas que  l´art, y a aussi de la rigolade »

Pour vous aider à vous détendre et  à passer vos examens en douceur, nous vous souhaitons une fin d´année pleine de poésie, de rires et de bons résultats, et vous proposons de lire les poèmes suivants de Maurice Carême

LITANIE DES ÉCOLIERS

Saint Anatole,

Que légers soient les jours d´école !

Saint Amalfait,

Ah ! Que mes devoirs soient bien faits !

Sainte Cordule,

N´oubliez ni point ni virgule.

Saint Nicodème,

Donnez-nous la clé des problèmes.

Saint Tirelire,

Que grammaire nous fasse rire !

Saint Siméon,

Allongez les récréations.

Saint Espongien,

Effacez tous les mauvais points.

Sainte Clémence,

Que viennent vite les vacances !

Sainte Marie,

Faites qu´elles soient infinies !

L´OGRE

J´ai mangé un œuf,

Deux langues de bœuf,

Trois rôts de mouton,

Quatre gros jambons,

Cinq rognons de veau,

Six couples d´oiseaux,

Sept immenses tartes,

Huit filets de carpe,

Neuf kilos de pain,

Et j´ai encor faim.

Peut-être, ce soir

Vais-je encor devoir

Manger mes deux mains

Pour avoir enfin

Le ventre bien plein.

…………………………………………………………………


RÉCITAL DE POÉSIE

12e PRINTEMPS DES POÈTES

Sur le thème« Couleur femme »

“La poésie est naturelle. Elle est l´eau de notre seconde soif »

Andrée Chédid

Le 12e Printemps des Poètes, qui propose lectures, rencontres, spectacles et conférences, dans toute la France et à l´étranger, du 8 au 21 mars, a choisi cette année pour thème « couleur femme ».

Le 8 mars, c´est la Journée de la Femme, le 21 mars la Journée Mondiale de la Poésie, organisée par l´UNESCO. Cette année, il s´agit de «mettre en lumière l´apport, à travers l´histoire, des femmes poètes et leur présence remarquable dans la création contemporaine », comme nous dit Jean Pierre Siméon, directeur artistique du Printemps des Poètes.

Un des objets fondamentaux est de favoriser l´ouverture du regard sur la poésie et encourager la lecture de poèmes comme pratique culturelle.Cette année, un éclairage particulier est porté à l´œuvre d´Andrée Chédid

Pour l´occasion, nous avons choisi quelques poèmes, qui ont été récités par nos élèves à la Bibliothèque du lycée Gabriel y Galán de Plasencia, le mardi 16 mars.

ANDRÉE CHÉDID (1920-) TROIS MOUETTES

Je te donne trois mouettes

La pulpe d’un fruit
Le goût des jardins sur les choses

La verte étoile d’un étang
Le rire bleu de la barque
La froide racine du roseau

Je te donne trois mouettes

La pulpe d’un fruit
De l’aube entre les doigts
De l’ombre entre les tempes

Je te donne trois mouettes
Et le goût de l’oubli.

DE CET AMOUR ARDENT

Je reste émerveillée

Du clapotis de l´eau

Des oiseaux gazouilleurs

Des bonheurs de la terre

Je reste émerveillée

D´un amour

Invincible

Toujours présent

Je reste émerveillée

De cet amour

Ardent

Qui ne craint

Ni le torrent du temps

Ni l´hécatombe

Des jours accumulés

Dans mon miroir

Défraîchi

Je me souris encore

Je reste émerveillée

Rien n´y fait

L´amour s´est implanté

Une fois

Pour toutes

De cet amour ardent, je reste émerveillée

…………………………………………………………………

PLUS DE 50 ANS QU´IL

NOUS FAIT RIRE…!!

« – Mes enfants, a dit le professeur, mes chers petits, mes amis, celui qui ne fera pas ce que je lui dirai de faire…je lui flanque une fessée dont il se souviendra longtemps !

– Vous n´avez pas le droit, a dit quelqu´un, il n´y a que mon papa et ma maman, tonton et pépé qui ont le droit de donner des fessées ! »

Les auteurs, René Goscinny, le scénariste, et Jean-Jaques Sempé, le dessinateur, nous  parlent de la naissance du Petit Nicolas.

« Quand j’étais gosse, le chahut était ma seule distraction… »                                                                                       

«Goscinny arriva un jour avec un texte dans lequel un enfant, Nicolas, racontait sa vie avec ses copains, qui avaient tous des noms bizarres : Rufus, Eudes, Alceste, Clotaire, Maixent, Agnan…Le surveillant général était surnommé Bouillon. C´était parti : René avait trouvé la formule »

« Eudes, un copain qui est très fort, voulait donner un coup de poing sur le nez d’Agnan, mais Agnan a des lunettes et on ne peut pas taper sur lui… » Nicolas

«  L´univers du Petit Nicolas est un monde idéal. C´est l´enfance que lui et moi aurions voulu avoir.C´est le grand talent de Goscinny d´avoir réussi à créer un monde de gosses tel que tout le monde en rêve ».

Sempé

« Je n´ai jamais été gaulois ni cow-boy. J´ai été enfant et Sempé aussi. Les histoires sont nées de ses souvenirs…L´odeur du petit pain au chocolat à la sortie de l´école, l´ambiance de la récréation, tout ce grouillement de l´enfance que Sempé, pour sa part, a si bien senti »

Goscinny

Goscinny se sert de ses propres souvenirs et de ceux de Sempé qui déclare : « (…) Sans lui j’aurais été incapable de le faire. Il a tout inventé (…) C’est lui qui a tout organisé et qui a créé tous les autres petits personnages, Agnan, Alceste… »

Indémodable, Le Petit Nicolas fait partie des classiques de la littérature française. Nombre d´enfants (et des adultes également ?)  lui doivent l´essentiel : l´amour de la lecture. Plus de 50 ans après sa création, il fait rire encore des millions de lecteurs. Se plonger dans une histoire du Petit Nicolas, c´est retrouver l´insouciance du monde de l´enfance. Insouciance bercée de l´amour inconditionnel des parents, du souvenir de l´odeur de la craie et du bruit des billes qui s´entrechoquent.

Aujourd´hui,  je vous propose de faire encore deux activités sur Le Petit Nicolas :

UNE DEVINETTE
Mon premier a un papa qui lui achète tout ce qu´il veut.
Mon deuxième est le chouchou de maîtresse.
Mon troisième est le plus costaud.
Mon quatrième, son papa est agent de police.
Mon cinquième est le dernier de la classe.
Mon sixième aime manger et il est très gros.
Mon septième est le héros du livre.
Mon tout est la plus chouette bande de copains qui n’ait jamais existé.

Qui sommes nous ?

UN NOUVEAU CHAPITRE: “ LE BOUILLON”

« Regardez-moi bien dans les yeux ! »

Aujourd’hui, à l’école, la maîtresse a manqué. Nous étions dans la cour, en rangs, pour entrer en classe, quand le surveillant nous a dit : «Votre maîtresse est malade, aujourd’hui.»

Et puis, monsieur Dubon, le surveillant, nous a conduits en classe. Le surveillant, on l’appelle le Bouillon, quand il n’est pas là, bien sûr. On l’appel­le comme ça, parce qu’il dit tout le temps : « Re­gardez-moi dans les yeux », et dans le bouillon il y a des yeux. Moi non plus je n’avais pas compris tout de suite, c’est des grands qui me l’ont expli­qué. Le Bouillon a une grosse moustache et il punit souvent, avec lui, il ne faut pas rigoler. C’est pour ça qu’on était embêtés qu’il vienne nous sur­veiller, mais, heureusement, en arrivant en classe, il nous a dit : « Je ne peux pas rester avec vous, je dois travailler avec monsieur le Directeur, alors, regardez-moi dans les yeux et promettez-moi d’être sages. » Tous nos tas d’yeux ont regardé dans les siens et on a promis. D’ailleurs, nous sommes toujours assez sages.

Mais il avait l’air de se méfier, le Bouillon, alors, il a demandé qui était le meilleur élève de la classe. «C’est moi monsieur! » a dit Agnan, tout fier. Et c’est vrai, Agnan c’est le premier de la classe, c’est aussi le chouchou de la maîtresse et nous on ne l’aime pas trop, mais on ne peut pas lui taper dessus aussi souvent qu’on le voudrait, à cause de ses lunettes. « Bon, a dit le Bouillon, tu vas venir t’asseoir à la place de la maîtresse et tu sur­veilleras tes camarades. Je reviendrai de temps en temps voir comment les choses se passent. Révisez vos leçons. » Agnan, tout content, est allé s’asseoir au bureau de la maîtresse et le Bouillon est parti.

«Bien, a dit Agnan, nous devions avoir arithmé­tique, prenez vos cahiers, nous allons faire un problème. — T´es pas un peu fou? » a demandé Clotaire. «Clotaire, taisez-vous! » a crié Agnan, qui avait vraiment l’air de se prendre pour la maîtresse. «Viens me le dire ici, si t’es un homme!» a dit Clotaire et la porte de la classe s’est ouverte et on a vu entrer le Bouillon tout content. « Ah! il a dit. J’étais resté derrière la porte pour écouter. VOUS, là-bas, regardez-moi dans les yeux! » Clotaire a regardé, mais ce qu’il a vu n’a pas eu l’air de lui faire tellement plaisir. «Vous allez me conjuguer le verbe: je ne dois pas être grossier envers un camarade qui est chargé de me surveiller et qui veut me faire faire des problèmes d’arithmétique.» Après avoir dit ça, le Bouillon est sorti, mais il nous a promis qu’il reviendrait.

Joachim s’est proposé pour guetter le surveillant à la porte, on a été tous d’accord, sauf Agnan qui criait : « Joachim, à votre place!» Joachim a tiré la langue à Agnan, il s’est assis devant la porte et il s’est mis à regarder par le trou de la serrure «Il n’y a personne, Joachim? » a demandé Clotaire. Joachim a répondu qu’il ne voyait rien. Alors, Clotaire s’est levé et il a dit qu’il allait faire manger son livre d’arithmétique à Agnan, ce qui était vraiment une drôle d’idée, mais ça n’a pas plu à Agnan qui a crié : «Non! J’ai des lunettes! Tu vas les manger aussi! » a dit Clotaire, qui voulait absolument qu’Agnan mange quelque chose. Mais Geoffroy a dit qu’il ne fallait pas perdre de temps avec des bêtises, qu’on ferait mieux de jouer à la balle. « Et les problèmes, alors? » a demandé Agnan, qui n’avait pas l’air content, mais nous, on n’a pas fait attention et on a commencé à se faire des passes et c’est drôlement chouette de jouer entre les bancs. Quand je serai grand, je m’achèterai une classe, rien que pour jouer dedans. Et puis, on a entendu un cri et on a vu Joachim assis pat terre et qui se tenait le nez avec les mains. C’était le Bouillon qui venait d’ouvrir la porte et Joachim n’avait pas dû le voir venir. «Qu’est-ce que tu as?» a demandé le Bouillon tout étonné, mais Joachim n’a pas répondu, il faisait ouille, ouille, et c’est tout, alors, le Bouillon l’a pris dans ses bras et l’a emmené dehors/ Nous, on a ramassé la balle et on est retournés à nos places. Quand le Bouillon est revenu avec Joachim qui avait le nez tout gonflé il nous a dit qu’il commençait à en avoir assez et que si ça continuait on verrait ce qu’on verrait. «Pourquoi ne prenez vous pas exemple sur votre camarade Agnan? il a demandé, il est sage, lui.» Et le Bouillon est parti. On a demandé à Joachim ce qu’il lui était arrivé et il nous a répondu qu’il s’était endormi à force de regarder par le trou de la serrure.

«Un fermier va à la foire, a dit Agnan dans un panier, il a vingt-huit oeufs à cinq cents francs la douzaine. C’est de ta faute, le coup du nez », a dit Joachim «Ouais! a dit Clotaire, on va lui faire manger son livre d’arithmétique, avec le fer­mier, les oeufs et les lunettes! » Agnan, alors, s’est mis à pleurer. Il nous a dit que nous étions des méchants et qu’il le dirait à ses parents et qu’ils nous feraient tous renvoyer et le Bouillon a ouvert la porte. On était tous assis à nos places et on ne disait rien et le Bouillon a regardé Agnan qui pleu­rait tout seul assis au bureau de la maîtresse. «Alors quoi, il a dit le Bouillon, c’est vous qui vous dissipez, maintenant? Vous allez me rendre fou! Chaque fois que je viens, il y en a un autre qui fait le pitre! Regardez-moi bien dans les yeux, tous! Si je reviens encore une fois et que je vois quelque chose d’anormal, je sévirai!» et il est parti de nouveau. Nous, on s’est dit que ce n’était plus le moment de faire les guignols, parce que le surveillant, quand il n’est pas content, il donne de drôles de punitions. On ne bougeait pas, on entendait seulement renifler Agnan et mâcher Alceste, un copain qui mange tout le temps. Et puis, on a entendu un petit bruit du côté de la porte. On a vu le bouton de porte qui tournait très doucement et puis la porte a commen­cé à s’ouvrir petit à petit, en grinçant. Tous, on regardait et on ne respirait pas souvent, même Alceste s’est arrêté de mâcher. Et, tout d’un coup, il y en a un qui a crié : « C’est le Bouillon! » La porte s’est ouverte et le Bouillon est entré, tout rouge. «Qui a dit ça?» il a demandé. «C’est Nicolas!» a dit Agnan. «C’est pas vrai, sale men­teur!» et c’était vrai que c’était pas vrai, celui qui avait dit ça, c’était Rufus. «C’est toi! C’est toi! C’est toi!» a crié Agnan et il s’est mis à pleurer. «Tu seras en retenue! » m’a dit le Bouillon. Alors je me suis mis à pleurer, j’ai dit que ce n’était pas juste et que je quitterais l’école et qu’on me regret­terait bien. «C’est pas lui, m’sieu, c’est Agnan qui a dit le Bouillon!» a crié Rufus. «Ce n’est pas moi qui ai dit le Bouillon!» a crié Agnan. «Tu as dit le Bouillon, je t’ai entendu dire le Bouillon, parfaitement, le Bouillon! – Bon, ça va comme ça, a dit le Bouillon, vous serez tous en retenue!» « Pourquoi moi? a demandé Alceste. Je n’ai pas dit le Bouillon, moi! » « Je ne veux plus entendre ce sobriquet ridicule, vous avez compris?» a crié le Bouillon, qui avait l’air drôlement énervé. «Je ne viendrai pas en retenue!» a crié Agnan et il s’est roulé par terre en pleurant et il avait des hoquets et il est devenu tout rouge et puis tout bleu. En classe, à peu près tout le monde criait ou pleu­rait, j’ai cru que le Bouillon allait s’y mettre aussi, quand le Directeur est entré. « Que se passe-t-il, le Bouil… Monsieur Dubon? » il a demandé, le Directeur. «Je ne sais plus, monsieur le Directeur, a répondu le Bouillon, il y en a un qui se roule par terre, un autre qui saigne du nez quand j’ouvre la porte, le reste qui hurle, je n’ai jamais vu ça! Jamais» et le Bouillon se passait la main dans les cheveux et sa moustache bougeait dans tous les sens.

Le lendemain, la maîtresse est revenue, mais le Bouillon a manqué.

Le Petit Nicolas, Sempé-Goscinny

« C´est la plus chouette bande de copains ! »

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